03/09/2018

La Fondation Pierre Fabre organise sa conférence annuelle dans le cadre du Domaine d’En Doyse, son siège à Lavaur (Tarn), le 2 Octobre 2018 sur le thème des Pratiques et produits de Santé Traditionnels et leur place dans les systèmes de santé des pays du Sud.

Cette conférence s’inscrit dans un cycle démarré il y a quatre ans par la Fondation, qui invite annuellement des acteurs de terrain, experts et chercheurs à faire le point sur les connaissances et enjeux actuels autour des grandes problématiques de santé mondiale.

Après le rôle de la France dans les politiques d’aide à la  santé des pays du Sud puis celui des collectivités territoriales (en 2014 et 2015), la qualité du médicament en Afrique et en Asie (en 2016) et la Couverture Sanitaire Universelle (en 2017), il sera cette année question des pratiques et produits de santé traditionnels. De la place des médecines traditionnelles dans les parcours de soins à la recherche sur les pharmacopées locales, des enjeux législatifs à la standardisation des pratiques, de multiples sujets seront abordés par des professionnels de santé, des universitaires, des chercheurs et anthropologues d’horizons variés.

Contexte et enjeux de la conférence

Dès 1975, l’OMS s’intéresse aux médecines traditionnelles, y voyant un vecteur d’accès aux soins et de promotion de la santé(1). La déclaration d’Alma Ata en 1978(2) et la rédaction de la charte d’Ottawa en 1986(3) encouragent à prendre en compte les besoins et pratiques des populations dans la planification des programmes de santé. En 2013, le Docteur Margaret Chan, Directrice générale de l’OMS  (2007-2017) déclarait ainsi : « Les médecines traditionnelles dont la qualité, la sécurité et l’efficacité sont avérées participent à la réalisation de l’objectif de donner à tous un accès aux soins. ». L’OMS appelle donc, suivant l’exemple chinois, à intégrer les médecines traditionnelles dans les systèmes et politiques de santé nationaux(4).

Bien que certains états (comme le Mali) s’intéressent de manière précoce (dès la fin des années 60) aux pratiques et pharmacopées traditionnelles(5), de nombreux pays tardent à établir une règlementation. Il faudra finalement attendre les années 2000 pour voir apparaitre une dynamique globale de valorisation et d’intégration des médecines traditionnelles aux systèmes de santé de plusieurs pays du Sud(4). L’entrée dans le vingt et unième siècle et la mondialisation marquent l’apparition d’enjeux nouveaux : les mouvements de populations entrainent des difficultés pour maintenir une transmission des savoirs qui reste orale dans de nombreuses régions, en Afrique comme en Asie. Les pressions climatiques, économiques et anthropiques menacent les pharmacopées(6).

Pourtant, les pratiques thérapeutiques traditionnelles restent l’un des principaux recours aux soins des populations les plus démunies, dans des pays où l’accès à des soins de qualité reste fortement inégalitaire malgré des politiques de santé ayant permis d’importants progrès ces 25 dernières années(7,8). Des facteurs culturels et sociaux viennent renforcer ce recours important, accentuant la place majeure de ces pratiques dans les parcours de soins des patients(7,8).

Plurielles, les médecines traditionnelles couvrent finalement un large champ d’application, oscillant entre pratiques de santé populaires et médecines dites « savantes », plus ou moins institutionnalisées. Elles déchainent les passions, divisent, se retrouvant au croisement d’enjeux sanitaires, sociaux, économiques et politiques.

Programme et informations pratiques :

La conférence aura lieu le 2 octobre 2018 à Lavaur, au Domaine d’En Doyse, siège de la Fondation. Pour toute demande d’inscription, merci d’écrire à contact@fondationpierrefabre.org en indiquant votre nom, fonctions et coordonnées. Les interventions seront intégralement filmées. Les vidéos et le contenu retranscrit de la journée seront disponibles sur le site de la Fondation : www.fondationpierrefabre.org.

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Notes:

1. OMS. Resolution WHA 28.88, pp 53-54. Twenty -eighth world health assembly. Official records of the World Health Organization n°226. 1975.2.OMS. Déclaration d’Alma Ata sur les soins de santé primaires. 1978. Disponible à l’adresse : http://www.who.int/topics/primary_health_care/alma_ata_declaration/fr/
3.OMS. Charte d’Ottawa. 1986. Disponible à l’adresse : http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0003/129675/Ottawa_Charte...
4.OMS. Stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle pour 2014-2023. 2014. Disponible à l’adresse : http://apps.who.int/medicinedocs/documents/s21201fr/s21201fr.pdf
5.Willcox M, Sanogo R, Diakite C, Giani S, Paulsen BS, Diallo D. Improved traditional medicines in Mali. J Altern Complement Med. 2012 ; 18(3) : 212-220.
6.Fleurentin J, Weniger B. Editorial. Ethnopharmacologia. 2009 ; 43 : 2.
7.Pouliot M. Relying on nature’s pharmacy in rural Burkina Faso : empirical evidence of the determinants of traditional medicine consumption. Social Science & Medicine. 2011 ; 73 : 1498-1507.
8.Peltzer K, Sydara K, Pengpid S. Traditional, complementary and alternative medicine use in a community population in Lao PDR. Afr J Tradit Complement Altern Med. 2016 ; 13(3) : 95-100.