L'histoire

En 2006, au CHU de Toulouse, naît le projet AMA (Assistance Médicale Ambulatoire). Objectifs : évaluer la pertinence du suivi téléphonique pour améliorer l’observance de la dose-intensité* par les patients onco-hématologiques. Sept ans plus tard, l’expérimentation s’avère très positive, avec un taux moyen de réduction de dose de 8 %, contre 20 % en temps normal. Et cela grâce à une procédure simple et peu onéreuse.

En 2015, fort de ces résultats, le Pr Laurent propose de dupliquer l’étude en Côte d’Ivoire, où l’on enregistre près de 20 000 nouveaux cas de cancers par an, 60 % de refus et d’abandon de traitement, et 20 % de survie à cinq ans. Financé par la Fondation Pierre Fabre, le projet s’appelle désormais AMAFRICA. Une étude simple, mono-centrique, randomisée sera ainsi menée avec le service d’onco-hématologie du CHU d’Abidjan, dirigé par le Pr Koffi. L’hypothèse centrale est de considérer que l’appel systématique du patient par une infirmière de coordination pourrait permettre de diminuer le taux d’abandon (objectif principal) mais aussi d’identifier et de hiérarchiser les causes de cet abandon (objectif secondaire).

La procédure AMA semble adaptée à la problématique du suivi des patients ivoiriens puisque 60 % de la population locale possède un téléphone portable. Portant sur une cohorte de 100 adultes et enfants atteints de lymphome, AMAFRICA permettra de suivre des patients dans les phases actives de leur traitement, et de comparer l’observance et la toxicité du traitement par rapport à des patients qui ne seront accompagnés par téléphone en cours de traitement.

*Dose totale administrée et rythme auquel elle est administrée.

Institut Universitaire du Cancer de Toulouse Oncopole (IUCT)

Centre Hospitalier Universitaire de Youpougon à Abidjan

Association-Assistance des Malades Ambulatoires (AAMA)

La procédure AMA dispose d’un très fort potentiel dans les pays émergents, qui souffrent d’un lourd déficit en personnel médical spécialisé. Notamment en Côte d’Ivoire où l’on compte seulement 4 oncologues pour 25 millions d’habitants. C’est donc tout naturellement que nous avons choisi ce pays pour la dupliquer. De plus, on est en territoire francophone, et le CHU de Toulouse a formé trois générations d’hématologues universitaires sur Abidjan. Cependant, les objectifs d’Amafrica sont différents du projet français. Améliorer l’observance thérapeutique est certes un enjeu, mais il s’agit aussi de comprendre les mécanismes de l’abandon, qu’ils soient économiques, logistiques, culturels… L’extrême diversité des paramètres sociologiques à Abidjan va forcément entrer en ligne de compte. En ce sens, Amafrica va constituer une mine d’informations sur les inégalités de santé, et pourrait s’avérer très instructif pour nos propres pratiques, dans le Nord."

Pr. Guy Laurent Coordinateur du projet CAPTOR (Cancer Pharmacology of Toulouse-Oncopole and Region), hématologue au CHU de Toulouse (Institut Universitaire du Cancer de Toulouse-Oncopole) et Président de AAMA.

Bilan et Perspectives

Bilan

L’étude AMAFRICA a débuté en mars 2016. L’objectif à terme est de recruter 100 patients (50 dans le bras AMA, 50 dans le bras non AMA) sur une durée de 2 ans

En mai 2017, 63 patients atteints de lymphomes ont été recrutés dans l’étude dont :

  • 28 attribués au bras AMA

  • 35 dans le bras non AMA

Perspectives

Au-delà des résultats attendus sur le taux d’abandon, cette étude permettra d’en mesurer les raisons (financières, socio-culturels, …) pour mieux s’y adapter. La force de ce projet résidant dans sa simplicité, la Fondation Pierre Fabre est particulièrement attentive aux applications qu’il serait possible d’envisager pour d’autres pathologies ou suivis médicaux.

Partenaires

  • Association Amafrica
  • Service d’hématologie du CHU Yopougon, Abidjan