Interview Michel SERRES

Questions à Michel SERRES de l’Académie Française
Membre du Conseil d’Administration de la Fondation Pierre Fabre


Pour quelles raisons avez-vous accepté de participer au Conseil d’Administration de la Fondation Pierre Fabre ?
Dès que Pierre Fabre m’a demandé de l’assisteren entrant au Conseil d’Administration de sa Fondation, j’ai accepté d’enthousiasme, pour deux raisons principales. D’abord, par admiration pour sa personne, sa vie et son oeuvre ; né, comme lui, dans le Sud-Ouest, j’apprécie depuis longtemps ses inventions scientifiques et ses avancées industrielles, l’extraordinaire diversité de ses activités, toutes cependant centrées en un pays et dans sa culture. Pierre Fabre a donné à la France un modèle rare et précieux, parce que double : un développement mondial localement enraciné. Ensuite, par un accord profond avec les intentions humanitaires de sa Fondation. Ma profession m’a entraîné souvent dans des pays en voie de développement et j’ai pu mesurer, avec tristesse et révolte parfois, l’inégalité des espérances de vie entre leurs ressortissants et nous autres Occidentaux, leurs besoins en matière de santé, soins et remèdes, leur désespoir souvent devant les conditions de leur économie, de leur enseignement et de leur politique, sans compter le drame de la commercialisation quasi maffieuse des faux médicaments.

Que pensez vous des actions mises en place par la Fondation ?
Les buts et les réalisations de la Fondation Pierre Fabre, en matière d’enseignement au Cambodge, au Bénin et à Madagascar, sa participation à la lutte contre les contrefaçons et au contrôle des remèdes au Bénin et en Guinée, enfin les diverses constructions, au Liban ou au Sénégal, de dispensaires ou de maisons médicales, remplissent un programme qui permet aux pays concernés de reprendre, çà et là, espoir et confiance. Voilà pourquoi je soutiens chaleureusement et soutiendrai le plus longtemps possible la Fondation Pierre Fabre. J’ajoute que ce programme est conçu à Castres et réalisé sur place, dans les pays précités, par une équipe efficace et experte pour laquelle je nourris aussi beaucoup d’admiration.

La fondation s'investit tout particulièrement dans la lutte contre les contrefaçons de médicaments; qu'en pensez vous ?
Le commerce des faux produits ôte aux créateurs leur juste rétribution; c’est un vol, c’est-à-dire un délit; mais celui des faux remèdes est un crime, puisqu’il joue avec la vie des malades et l’espoir de la guérison. Lutter contre ces contrefaçons est donc exactement une lutte pour la vie.

Comment voyez vous à terme l'évolution des actions de la fondation ?
Guérir est un projet à court et moyen terme. Former est une entreprise à long terme. Voilà pourquoi je soutiens plus encore la Fondation, lorsqu’elle travaille à des constructions, sur place, de facultés ou de laboratoires de contrôles de la qualité du médicament, animés par des personnalités locales. L’enseignement est toujours le vecteur et le moteur de l’avenir.